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Alors que tous les regards sont déjà plongés vers la saison 2018, on s’active du côté de  où Pascal Pieteraerens espère bientôt obtenir sa licence d’équipe continentale de la part des hautes instances.

« Comme partout dans la monde du vélo, on ressent les effets de la crise car il est difficile d’aller chercher des partenaires et les dirigeants ne nous facilitent pas la vie en augmentant bon nombre de coûts », explique le directeur sportif de l’équipe qui tire avant tout un bilan positif de la campagne 2017: « La victoire de notre Norvégien Max Emil Korner à la Liedekerkse Pijl restera le fait marquant de la saison mais on a aussi été présent très souvent aux avant-postes sur de belles courses. Maximilien Picoux (NDLR: notre photo de couverture) aura également été un des meilleurs coureurs wallons cette saison, même si ça n’a pas suffi pour décrocher un contrat professionnel. C’est d’ailleurs assez symptomatique du cyclisme wallon avec la réduction des effectifs en World Tour qui se ressent dans les étages inférieurs. »

Cette année, l’équipe aura battu un bien curieux record en utilisant pas moins de 22 coureurs différents sur l’ensemble de la saison: « un chiffre qui reflète pas mal de difficultés dans notre chef. Avant la saison, je reçois près de 250 candidatures aussi diverses les unes que les autres pour faire partie du noyau. Certains coureurs se sentent comme des champions du monde mais ne sont pas conscients de la réalité. Seul le travail paie au final mais certains n’ont tout simplement pas le niveau et beaucoup ne comprennent pas qu’il faut savoir faire 200 bornes seul à l’entrainement lorsqu’on évolue en continental. Parmi les candidatures, je reçois des lettres de garçons qui évoluent en tous coureurs ou de Français qui n’évoluent même pas en DN3. Nous avons encore de la chance de pouvoir attirer des coureurs étrangers qui viennent pour faire le métier et disposer d’un beau programme. »

Pourtant, Pascal Pieteraerens doit aussi composer avec certaines contraintes imposées par la fédération: « Comme celle d’avoir une douzaine de coureurs de moins de 25 ans pour disputer la Top Compétition qui est pourtant mourante. Face à des équipes qui n’ont pas ces contraintes, notre sélection est d’autant plus compliquée. On essaie toujours de conserver des jeunes à former mais il est souvent difficile de trouver le juste milieu entre les garçons qui n’ont encore aucune expérience en catégorie U23 et ceux qui sont trop âgés. Le recrutement d’Ugo D’Angelo, un garçon que nous suivions déjà chez les juniors à Bury, constitue une exception après sa bonne campagne chez Naturablue. »

Au final, l’équipe sera constituée en 2018 d’un tiers d’étrangers, un tiers de Flamands et un tiers de Wallons: « C’est un juste équilibre en sachant aussi que des coureurs nous quittent pour pouvoir disputer les kermesses en Flandre. Si le règlement est assez restrictif pour les équipes continentales, je pense que les coureurs ambitieux doivent accepter de ne rouler que les grandes courses et les kermesses professionnelles. Au final, de nombreux éléments forcent la sélection naturelle. Des champions, il n’y en a pas beaucoup. Il y a déjà tellement peu de coureurs qui gagnent des courses… »

L’avenir, Pascal Pieteraerens l’entrevoit avec de gros espoirs: « Il y a la perspective d’avoir un nouveau sponsor principal en 2019 mais pour le reste, il faut être réaliste, comprendre que le bénévolat n’existe pratiquement plus. Même dans le staff, chacun demande ce qu’il touchera en venant donner un coup de main sur les courses. Les équipes pro ne veulent plus non plus d’équipe de formation car elles n’ont plus la certitude d’obtenir un quelconque retour. Et puis, il y a les coureurs, souvent très difficiles ou qui se rendent compte que rouler avec les pros n’est pas facile et qui renoncent à certaines courses alors qu’ils se sont engagés pour une saison entière. Sans parler du coût des licences qui ne facilite pas le travail des dirigeants d’équipes. »

Dans un contexte difficile, T-Palm-PCW et Pascal Pieteraerens se veulent toutefois optimistes en conservant leur philosophie d’équipe formatrice bien décidée à vivre une nouvelle saison plein en 2018.