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Le long combat de Pierre Pinna

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Début juillet, Pierre Pinna chutait lourdement lors d’une épreuve de village à Hérinnes. Les circonstances de l’accident sont d’autant plus pénibles qu’elles sont exceptionnelles puisque le coureur du 53×11 était renversé par un véhicule de police circulant à contre-sens malgré les injonctions d’un signaleur. Trois mois après le drame, Pierre Pinna (à droite sur la photo aux côtés de Raphaël Roszkiewicz) revient sur son long combat pour retrouver une vie normale: « Je ne marche toujours pas et je sais que la revalidation sera longue au niveau de la hanche car tout reste très fragile malgré la pose d’une plaque en titane que je garderai à vie. Je vais chez le kiné tous les jours et pour ne pas rester inactif, on m’a conseillé de faire du vélo d’appartement, sans forcer, trente minutes par jour. »
Si le corps se remet lentement des conséquences de l’accident, Pierre Pinna estime que c’est psychologiquement qu’il faut surtout se surpasser: « Ce n’est pas facile car je ne sais toujours pas quand je pourrai marcher ou même galoper. Au niveau de la justice, tout va très lentement aussi et mon avocat me dit que ça prendra bien trois ans avant d’obtenir un jugement. J’ai quand même la chance d’avoir un patron conciliant qui accepte la situation car le travail me manque et j’espère aussi pouvoir reprendre très vite. Je dois énormément à mon épouse qui, même si elle en a beaucoup souffert, fait tout à la maison. »
Pierre salue aussi les membres de son équipe qui le soutiennent beaucoup: « Tout ça fait beaucoup de bien car c’est dans des circonstances douloureuses qu’on peut reconnaître ses vrais amis. Malgré tout ce qui s’est passé, je continue à m’intéresser au vélo, à suivre les courses. J’ai même jubilé dans mon lit d’hôpital en voyant Greg van Avermaet devenir champion olympique. J’espère toujours pouvoir un jour reprendre la compétition mais les médecins m’ont prévenu qu’il faudra attendre 18 mois pour savoir si je ne souffrirai pas de nécroses. »
Après une belle carrière chez les élites sans contrat, Pierre Pinna faisait partie des valeurs sûres chez les masters et espère que son accident servira d’exemple: « Je plaide pour un maximum de sécurité sur les circuits. La présence d’une ambulance est indispensable. Les courses ont évolué avec le temps et le fait d’avoir deux ligues n’est pas forcément une bonne chose. Il y a quelques années, on roulait entre copains et on se partageait les victoires alors que désormais, le jeu d’équipe est devenu important. Le vélo doit rester un plaisir avant tout, certains l’oublient parfois. »
Dans son combat actuel, Pierre Pinna n’en oublie pas ses références au vélo: « Plus que jamais, je dois prouver que je suis un guerrier. »
Une belle leçon de courage!

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Vincent Coppenolle

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